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Ma belle brunette

Détails de l'événement

  • Musique ancienne

Brunettes et airs sérieux et à boire

 « Brunetes et airs tendres », Ballard (tomes Premier, Deuxième & Troisième)

« Airs sérieux et à boire »1690-1722

Airs et brunettes de Hotteterre, Montéclair, De Visée…

a nocte temporis

Reinoud Van Mechelen, ténor

Anna Besson, flûte traversière baroque

Loris Barrucand, clavecin

Myriam Rignol, viole de gambe

Simon Linné, théorbe

Benoît Colardelle, lumières

« Ou estes-vous allé, mes belles Amourettes, Changerez-vous de lieux tous les jours ? »

A nocte temporis présente avec ce nouveau programme un florilège d’airs et brunettes allant de la chanson la plus touchante jusqu’à l’air à boire le plus exalté !

La « brunette » ne désigne pas seulement une jeune femme aux cheveux bruns mais également une forme musicale très en vogue à partir de la fin du XVIIe siècle jusqu’au début du siècle suivant !

Les airs de cours, extrêmement populaires en France depuis le début du XVIIe siècle, évoluent en brunettes vers la fin de ce même siècle. Le procédé reste cependant très similaire : écrire un air tendre de format court, abordant les thèmes de l’amour ou de la nature, et que l’on peut chanter seul ou accompagné d’un instrument harmonique.

L’éditeur Ballard, à Paris, en publie trois tomes entre 1703 et 1711, comportant également des chansons à danser et des airs de cours agrémentés de « doubles » (couplets dans lesquels la mélodie est ornée de façon à mettre en valeur la virtuosité de l’exécutant). L’éditeur parisien est également à l’origine d’une grande collection d’airs sérieux et à boire, classés par trimestre ou années – l’équivalent de nos « tubes de l’année » en quelque sorte…

La fin du XVIIe siècle voit par ailleurs l’apparition d’un instrument qui deviendra très vite la préférence des compositeurs et musiciens amateurs : la flûte d’allemand, appelée de nos jours traverso, ou flûte traversière baroque. Ainsi, un grand corpus de brunettes et airs tendres est adapté ou arrangé pour la flûte traversière par l’auteur, flûtiste et facteur d’instruments Hotteterre, mais aussi Montéclair ou Boismortier, sans oublier certains auteurs anonymes à l’origine de merveilleux airs tendres pour voix, flûte et basse continue.

Le vif succès de ces recueils au moment de leur publication témoigne d’une pratique très répandue en France et qui ne cessera de croître jusqu’à l’apparition de l’enregistrement : permettre aux mélomanes et musiciens amateurs de chanter ou rejouer chez eux les airs à la mode.

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