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L’école de Rameau, de l’opéra à l’église

Détails de l'événement

  • Musique ancienne

Splendeur et poésie de l’orgue des Lumières

Jean-Charles Ablitzer, orgue historique

Jean-Philippe Rameau a été organiste toute sa vie, tout comme Claude Bénigne Balbastre. Tous deux sont nés à Dijon de pères organistes qui se partageaient les différentes tribunes de la ville. Les deux frères Rameau, Claude et Jean-Philippe furent les maîtres successifs de Claude Balbastre, Jean-Philippe proposant même, dès 1750, de l’aider financièrement à s’installer à Paris, considérant son compatriote dijonnais comme l’un des plus fameux organistes de son temps.

Si Balbastre, âgé de 25 ans, nous a laissé 40 pièces destinées à l’orgue dans son manuscrit de 1749, Rameau n’a écrit que pour l’opéra ou le clavecin.

Alors comment Rameau jouait-il de l’orgue et dans quel style ?

La confrontation et la mise en miroir des pièces de Balbastre avec des extraits des opéras de Rameau, transcrits pour l’orgue, montrent l’influence indéniable que la musique de scène a pu exercer sur le jeune compositeur et la proximité stylistique de l’ensemble des œuvres, Balbastre allant même jusqu’à emprunter quelques thèmes musicaux à son aîné. Ses pièces d’orgue de 1749 laissent alors possiblement entrevoir un Rameau inconnu, organiste et improvisateur.

À l’audition du programme proposé, l’influence de l’opéra sur la composition pour orgue à l’époque des lumières apparaît avec évidence au fil des pièces qui s’entrecroisent, dans une succession d’arias, de rondeaux, de dialogues et de mouvements de danse.

L’orgue historique de la basilique né à l’aube du XVIIe siècle et enrichi au cours des siècles suivants des sonorités baroques sera un traducteur privilégié de cette évocation lyrique.